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Pas de Silver Bullet | L’histoire aujourd’hui

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© Images Granger/Bridgeman ;
Citadelle Laferrière, vers 1963 © Granger/Bridgeman Images.

La vie d’Henri Christophe – Roi d’Haïti de 1811 jusqu’à sa mort en 1820 – réclame à grands cris une dramatisation moderne. Il suit un arc raide et spectaculaire, entrecoupé d’événements historiques explosifs. Paul Clammer donne vie à cette histoire extraordinaire dans sa biographie très documentée de Christophe, la première à paraître depuis des décennies. Clammer, qui a vécu en Haïti, discute de ce projet depuis des années avec des universitaires de l’île (divulgation complète : je suis l’un d’entre eux). Il s’est acharné dans sa recherche de sources et le résultat est une lecture détaillée et enrichissante.

Comme pour tant de personnes nées en esclavage, il existe peu de traces écrites de la jeunesse de Christophe. Il est généralement admis qu’il n’était pas originaire de la colonie française de Saint-Domingue qu’il contribuerait à libérer, mais plutôt de l’île de Grenade, alors colonie britannique. On pense que les troupes françaises l’ont emmené à Saint-Domingue après la bataille de Grenade en 1779. De là, le jeune Henry se trouva en route vers la colonie britannique de Géorgie avec les Chasseurs Volontaires, un régiment de 550 soldats noirs libres de Saint- Domingue, qui a aidé les rebelles patriotes dans la guerre d’indépendance américaine. Ensuite, il est retourné à Saint-Domingue, dans la ville portuaire animée du nord du Cap Français (aujourd’hui Cap-Haïtien). On ne sait pas exactement quand il a obtenu sa liberté, mais au moment où la Révolution française de 1789 a commencé à se répandre dans la colonie, il travaillait dans une auberge nommée de bon augure la Couronne (couronne).

En août 1791, les champs de canne à sucre rentables du nord de l’île s’enflamment. Ce fut le coup d’envoi de ce qu’on appellerait la Révolution haïtienne, avec environ 80 000 esclaves – sur une population totale d’esclaves de 500 000 – en révolte dans le nord en quelques mois.

Alors que ce conflit s’étendait, Christophe se retrouvait sous le commandement du célèbre général Toussaint Louverture. Clammer suit assidûment Christophe à travers les batailles de cette période complexe, à la fois militaire et politique. Louverture fut emprisonné et mourut en France en 1803, alors que Napoléon Bonaparte tentait de reprendre le contrôle de la colonie. Lorsqu’il fut clair que la France allait restaurer l’esclavage, qu’elle avait aboli en 1794, Christophe, avec le général Jean-Jacques Dessalines, conduisit l’île à l’indépendance totale sous le nom d’Haïti en 1804.

Dessalines présida dans la foulée, promulguant une constitution en 1805. Il se couronna empereur l’année suivante, mais ses ennemis se retournèrent bientôt contre lui et il fut tué. Cela a conduit à une courte guerre civile qui a entraîné une longue animosité entre Christophe et Alexandre Pétion, un général qui avait établi une république dans le sud.

Christophe décida de se couronner roi en 1811 et il créa une noblesse héréditaire et un code légal de 750 pages. Lors de son banquet de couronnement, Christophe a porté un toast au monarque britannique en disant « À mon frère, le roi George III – que le Seigneur Créateur le préserve, afin qu’il reste un obstacle invincible aux ambitions de Napoléon, et toujours un ami constant d’Haïti ! »

Un aspect particulièrement fascinant de ce livre est la relation de Christophe avec la Grande-Bretagne. En tant que roi, il a correspondu avec une gamme de Britanniques – capitaines de marine, marchands et abolitionnistes comme William Wilberforce. Un portrait de Christophe par l’artiste Richard Evans accroché à la Royal Academy en 1818 avec un certain succès.

Christophe a compris que la liberté pour l’ancienne colonie d’esclaves avait un prix élevé et qu’il devait trouver un moyen de le payer. Sa méthode consistait à contraindre des personnes désormais libres à travailler dans les champs de canne à sucre et dans les plantations de café en offrant une part des bénéfices. Cela a fonctionné pendant un certain temps, jusqu’à ce que tout s’effondre. Des ouvriers mécontents fuient les plantations et en 1820 Christophe est victime d’un accident vasculaire cérébral. Il a vécu quelques mois de plus pour voir son royaume s’effondrer et ses ennemis tourner en rond, avant de se tirer une balle en octobre 1820, prétendument avec une balle en argent. Son fils a été tué dans la foulée, tandis que la reine et deux princesses ont vécu la durée de leur exil en Europe, y compris du temps en Grande-Bretagne.

L’histoire n’a pas été particulièrement tendre avec Christophe. Il était suffisamment connu à son époque – en partie grâce à la fascination de la presse britannique – pour que les amateurs de théâtre londoniens affluent. La Mort de Christophe – Roi d’Haïti lors de sa première mise en scène en 1821 et à nouveau en 1825. Dans les années qui suivirent, il tomba dans l’oubli.

Christophe reste une sorte de héros en Haïti, mais se positionne en dessous de Louverture et Dessalines. Cependant, ses empreintes peuvent être retrouvées, notamment dans l’immense fort de la Citadelle construit sous sa surveillance, ou au milieu des ruines de son palais Sans Souci à trois étages. C’était un personnage complexe et, comme le conclut Clammer, « les paradoxes de son règne méritent d’être mieux rappelés ».

Black Crown : Henry Christophe, la révolution haïtienne et le royaume oublié des Caraïbes
Paul Clamer
Hurst 392pp 25 £
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Carrie Gibson est l’auteur de El Norte : l’histoire épique et oubliée de l’Amérique du Nord hispanique (Atlantique, 2020).

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